Pour des responsables d'Eglise chinois, c'est l'unité qui a permis leur développement

8.12.10

De gauche à droite: Zhang Shuilian, Kan Baoping, Olav Fykse Tveit, Mathews George Chunakara, Shan Weixiang, Gu Jingqin.

L'unité entre les protestants de Chine contribue énormément à la croissance rapide de l'Eglise dans le pays, a déclaré le pasteur Kan Baoping, secrétaire général du Conseil chrétien de Chine (CCC), à l'occasion d'une visite au Centre œcuménique à Genève, Suisse.

 

Une délégation de sept membres incluant de hauts dirigeants du CCC a rencontré le secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE) et d'autres représentants d'organisations d'Eglise basées au Centre œcuménique le lundi 6 décembre.

 

Il s'agit de la 4e visite de ce type au secrétariat du COE depuis la création, en 1980, du Conseil chrétien de Chine, une organisation postdénominationnelle. La dernière visite remonte à 2003. Le CCC, qui comptait quelque 19 millions de membres en 2009, a réintégré la communauté fraternelle du COE en 1991 lors de l'Assemblée de Canberra.

 

Pendant une table ronde organisée par la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE, les membres de la délégation se sont exprimés sur trois thèmes relatifs à la vie et au témoignage de l'Eglise en Chine: "les politiques religieuses en Chine", "le rôle de la religion dans la promotion d'une 'société harmonieuse'" et "le rôle de l'Eglise dans la Chine d'aujourd'hui".

 

Analysant les politiques religieuses et les relations Eglise-Etat, la délégation a confirmé l'opinion selon laquelle "il s'agit d'un âge d'or pour le développement des religions en Chine." L'Eglise de Chine s'efforce de promouvoir de diverses manières une "société harmonieuse" en Chine.

 

Le pasteur Kan Baoping a expliqué que les communautés religieuses en général et l'Eglise protestante en particulier ont connu une croissance rapide au cours des trente dernières années. Selon lui, le fait d'avoir transcendé les clivages dénominationnels est l'une des raisons qui expliquent la vitalité de l'Eglise, notamment parce que la culture chinoise privilégie davantage les points communs que les différences.

 

Le pasteur Kan a mis en lumière un autre facteur de réussite: la vision commune selon laquelle chaque membre de l'Eglise a pour responsabilité de diffuser l'Evangile à la famille et aux voisins, en tant qu'expression du sacerdoce de tous les croyants.

 

Le pasteur a insisté sur les méthodes d'évangélisation, qui, d'un simple bouche à oreille, ont évolué vers une mise en valeur de l'Evangile par des services sociaux, comme la prévention du SIDA et la prise en charge des orphelins.

 

Dans son mot de bienvenue adressé à la délégation chinoise, le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a exprimé sa reconnaissance envers le rôle joué par les chrétiens de Chine dans la création du COE. Il a également déclaré se réjouir d'une coopération future avec la nouvelle direction du CCC, en particulier dans la perspective de la prochaine Assemblée du COE, qui se tiendra en Asie, à Busan, Corée, en octobre 2013.

 

La délégation comprenait le secrétaire général et le président du CCC, qui ont tous deux été élus en 2008, ainsi que des responsables du Mouvement patriotique des Trois autonomies.

 

Pour le pasteur Tveit, le contexte chinois est "l'un des plus prometteurs pour l'avenir du christianisme."

 

La pasteure Zhang Shuilian, vice-présidente du Comité du Mouvement patriotique des Trois autonomies pour la province du Hubei, a indiqué que les chrétiens ont généralement une bonne image dans la Chine actuelle. On peut expliquer cela grâce à la réponse qu'ils apportent aux besoins de la société, par exemple en collectant des dons pour les victimes du séisme de 2008 dans la province du Sichuan, a-t-elle ajouté.

 

La pasteure Zhang a indiqué que les églises urbaines disposent souvent de programmes spéciaux visant à accueillir les travailleurs migrants, tandis que dans les régions rurales, la vie de l'église est importante pour prendre en charge les personnes âgées et les enfants qui ont été laissés sur place par leur famille, partie chercher du travail dans les villes.

 

Encourager la stabilité de la vie de famille, a-t-elle poursuivi, est l'une des manières par lesquelles le christianisme et les autres religions contribuent à la politique du gouvernement qui vise à maintenir une "société harmonieuse". Des relations interreligieuses solides concourent également à cet objectif.

 

Dans une réflexion présentée à l'occasion d'un service de prière organisé avec le personnel du Centre œcuménique de Genève, le pasteur Gao Feng, président du CCC, a déclaré que l'Eglise était "une communauté de pécheurs qui pratiquent le pardon", ajoutant que "quand nous pardonnons, nous faisons l'expérience du pardon de Dieu; quand nous aimons, nous pouvons faire l'expérience de l'amour de Dieu."

 

Après la table ronde, la délégation du CCC a déjeuné avec les secrétaires généraux du COE, de la Fédération luthérienne mondiale - le pasteur Martin Junge, de la Communion mondiale d'Eglises réformées - le pasteur Setri Nyomi, et de la YWCA mondiale - Nyaradzayi Gumbonzvanda.

 

Plus tard dans la journée, la délégation a également visité l'Institut œcuménique de Bossey.

 

A lire: un communiqué sur la rencontre de la délégation du CCC avec la Fédération des Eglises protestantes de Suisse

 

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