Histoire du COE
En 1937, la Conférence du Christianisme pratique, tenue à Oxford, approuva sa fusion avec Foi et constitution, ce qui allait déboucher sur la création du COE.
La première réunion du Groupe mixte de travail de l'Eglise catholique romaine et du COE eut lieu en 1966. De gauche à droite: le pasteur A.W. Visser 't Hooft (Pays-Bas), le pasteur Eugene Carson Blake (Etats-Unis) et le Père Jérôme Hamer (France). Photo: COE/John Taylor
Culte à l'Assemblée de Harare (1998). Photo: COE/Chris Black

Les racines historiques du Conseil oecuménique des Eglises se trouvent dans les mouvements laïques et estudiantins du 19e siècle, la Conférence mondiale des missions d'Edimbourg (1910) et une encyclique du Synode (orthodoxe) de Constantinople (1920) proposant la création d'une "société des Eglises" similaire à la Société des Nations. En 1937-1938, des responsables représentant plus de 100 Eglises se prononcèrent en faveur de la création d'un Conseil oecuménique des Eglises, mais sa réalisation fut ajournée du fait de la Deuxième Guerre mondiale.

Les organisations antérieures qui furent intégrées au Conseil au cours des décennies comprennent les conférences internationales de "Foi et constitution" (théologie, sacrements, ordonnances) et du "Christianisme pratique" (ministères sociaux, affaires internationales, oeuvres d'entraide), le Conseil international des missions (CIM), une alliance mondiale d'Eglises pour la paix ainsi qu'un conseil issu du mouvement des écoles du dimanche fondé au 19e siècle.

Deux projets pionniers du COE furent lancés en 1946 avec la collaboration du CIM: la Commission des Eglises pour les affaires internationales (CEAI) et l'Institut oecuménique de Bossey, Suisse. A l'heure actuelle, l'Institut oecuménique propose des diplômes de master et de doctorat en études oecuméniques, avec la collaboration de la Faculté de théologie de l'Université de Genève.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Conseil encouragea le ministère des Eglises en faveur du développement et poursuivit ses activités auprès des réfugiés, des migrants et des pauvres. Durant la Guerre froide, le COE servit de lieu de rencontre pour le dialogue entre l'Est et l'Ouest. En 1961, le CIM fut intégré au Conseil, ce qui renforça les activités de ce dernier dans le domaine de la mission et de l'évangélisation mondiales. Le Programme de lutte contre le racisme suscita mainte controverse, mais contribua à mettre fin à l'apartheid en Afrique australe. Le document intitulé Baptême, eucharistie, ministère (1982), qui constitue un jalon notable, permit de parvenir à un certain consensus entre les Eglises dans leur recherche de l'unité pleine et entière.

En 1948, lors de son Assemblée fondatrice, le COE comptait 147 Eglises membres. Actuellement, elles sont au nombre de 349. Essentiellement protestant et occidental à ses débuts, le COE a vu son profil et son identité évoluer au cours des années 1960, avec l'entrée de nombreuses Eglises orthodoxes de l'Est et de nouvelles Eglises autonomes des anciennes régions coloniales du Sud. Le Concile Vatican II améliora considérablement les relations entre le COE et les catholiques romains.

Le COE tient une Assemblée tous les sept ans en moyenne. La première eut lieu à Amsterdam en 1948 et la neuvième s'est déroulée à Porto Alegre, Brésil, en 2006.